Botanicula, flower power.

 Botanicula

Le petit studio d’Amanita Design, désormais célèbre pour son Machinarium, remet les couverts en 2012 avec des aventures qui carburent à la chlorophylle dans un Botanicula frais et enjoué.

Jaromír Plachý, auparavant animateur sur la précédente production du studio, en est le concepteur.

Peut être un peu plus halluciné que Machinarium, car franchement en roue libre, Botanicula est un jeu poétique, décalé, une aventure sensuelle et apaisante, hors du cadre, hors du temps.

Jusqu’à présent tapie au plus profond de la foret, une sombre créature suce l’énergie vitale des arbres environnants. Alors qu’elle est occupée sur les graines fraîchement poussées, l’une d’elle en réchappe et tombe prés d’un groupe d’amis, composés de graines, champignons et branches diverses. Les compagnons décident de mettre leur protégée en sécurité alors que le monstre étend sa puissance, détruisant les environs par son funeste festin.

Point n click classique, les mécanismes de jeu reposent sur le mélange objet + personnages, parsemé de casse-têtes originaux. Comme à son habitude, Amanita Design opte pour une narration visuelle sans la moindre trace de texte.

Chaque écran recèle une situation qui lui est propre, la visite des lieux est souvent contemplative et avec quelques clics au bon endroit, on active des scénettes pleines de vie et d’humour.

La magie l’emporte vite sur la relative simplicité heureusement car c’est un peu un jeu d’enfant que de traverser ces lieux et on se surprend à flâner, ça et là, un peu comme quand on se retrouve dans un endroit nouveau dont la magie nous électrise, on touche à tout dans l’espoir d’y voir une nouvelle réaction des environs. Il faut bien avouer qu’on est parfois perdu devant cet univers qui s’épanouit devant nous,tout en restant réfractaire, mais il fait beau, la nature chante, on garde le sourire.

Commencer Botanicula c’est comme ouvrir une bouteille d’eau pétillante et de s’en servir un grand verre, avant même d’y avoir goûté le spectacle a déjà commencé.

Devant nos yeux se dressent un émerveillement de couleurs, d’effets, ces tableaux vivants sont ciselés avec soin et on reste parfois simplement à en contempler la beauté et la grande fraîcheur qui s’en dégage avant d’en sentir le sel.

Les musiques triturées et aériennes, participent hautement à l’ambiance du jeu, elles sont le résultat de la collaboration de deux artistes au sein du groupe DVA (« deux » en tchèque), duo donc, composé par Bára Kratochvílová et Jan Kratochvíl.

La bande sonore composée de chants d’oiseaux, borborygmes, ululements et autres mélopées à cappella, enchantent nos oreilles dans un ballet digne des sous-bois les plus habités, rendant curieusement cet univers fou encore plus tangible, l’immersion plus saisissante.

L’aventure, bien que de courte durée, nous propose un défilé, drôle et inventif, de portraits de créatures farfelues et de situations peu banales, une ballade végétale et organique au pays des insectes et des petits êtres qui peuplent un monde à mi chemin entre nos forets et nos rêves, un monde où les grenouilles chantent, les graines font de la musique et les araignées complotent en secret pour dominer le monde.

Kapuss

le site du jeu

amanita-design

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