Machinarium, welcome to the machine.

Machinarium 2009

Après deux occurrence de Samorost, voyage poétique et hermétique d’un lutin et de son chien sur une planète étrange. Le studio tchèque Amanita design revient avec Machinarium Sorti le 16 octobre 2009 sur Mac OS X, Windows et Linux,

2009 c’est pour certains d’entres vous une époque lointaine proche de l’antiquité.

Sachez qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir un bon jeu, d’autant plus que dans ce cas précis, je doute que le temps puisse lui faire affront, tant le soin artistique qui lui a été procuré est grand.

Machinarium est un petit jeu par la durée, mais le souvenir poétique qu’il vous laissera, risque de tenir bien longtemps après la fin de l’aventure.

Machinarium est une histoire de robot, un robot ordinaire dans une ville entièrement métallique régie par les machines. Notre petit être de métal, dont la petite amie a été kidnappée, se retrouve projeté hors de sa cité et va tenter d’y retourner afin de sauver sa bien aimée.

Machinations énigmatiques

Le point n click d’Amanita design est marquant, par son ambiance un mélange tragi-comique sombre et envoûtant, et par sa très belle réalisation, tout y est dessiné à la main et le soin du détail qui donne du sens est à son apogée. La musique donne le ton: métal, bruits de machines et sonorités vibrantes, pour un plaisir réel à l’écoute et une mise en situation efficace.

Il me faut aussi vous parler de la bouille triste de ce héros de ferraille, qui nous arrache de jolis sentiments tant il sait, par son apparente innocence, nous attendrir. Amanita a réussi à donner une âme à cette ville industrielle, tout y est vivant, ici tout respire, tout suinte et les machines ont les mêmes préoccupations parfois futiles que nos semblables.

Welcome to the machine.

Des énigmes, des casse-têtes et autres problèmes de logique, Machinarium en est truffé, chaque tableau demande à se creuser la soupière pour avancer.

L’histoire se déroule au fil d’une narration lente et mélancolique. Contrebalancée par un gameplay classique mais décalé ou s’enchaînent clins d’œil au cinéma muet et les transposition de notre société version boulon et boite de tôle rouillée. Pas de texte, Tout est sensoriel, l’expérience nous fait toucher, écouter, ressentir, on a presque l’impression de sentir les effluves pétrolières des flaques parsemant les sols gras des quartiers inférieurs.

Le défaut, si il faut en donner un est la faible durée de vie, mais comme on dit chez Tyrell Corporation, mieux vaux un vie brève et intense que longue et ennuyeuse.

Il y a quelque chose d’universel dans Machinarium, un retour à la simplicité imposée par la narration visuelle, une parenthèse poétique dans un monde rongé par la rouille où on apprend à vibrer pour le destin d’êtres de bric et de broc, et où l’on retrouve en filigrane, l’imperfection et la fragilité humaine sous la forme pas si lointaine de machines désabusées.